Les Chroniques Millénaires ~

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Atomnium
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Les Chroniques Millénaires ~

Message par Atomnium » 22 août 2011, 01:53

Je me permet de poster à mon tour, la modeste histoire sur laquelle je travail depuis plusieurs années maintenant. Vous l'aurez sans doute comprit, il s'agit des Chroniques Millénaire ! Comme son nom ne l'indique pas, les Chroniques Millénaire, narre l'aventure d'un jeune homme originaire de la ville de Tolgrad, à travers le Monde, à la recherche de quelque chose ou de quelqu'un ( vilain suspense )

C'est un travail qui me tient particulièrement à cœur, puisque de nombreux éléments et termes important de l'histoire datent de mon enfance, époque joyeuse et insouciante ou j'imaginais déjà des scénarios avec un ami ( mais comme il n'est pas inscrit ici, je vais passer son nom et sa réputation au mixeur et faire comme ci il n'avait jamais existé \o/ )

Une dernière chose avant de vous laissez lire le premier chapitre remastérisé pour l'occasion, je ne suis pas une flèche en orthographe, aussi je fais appel à votre indulgence si vous voyez des fautes ... j'espère cependant, que vous prendrez autant de plaisir à lire ce que j'ai pris plaisir à écrire ... Merci d'avance



Chapitre I ~ "La tombe blanche"


"Le grincement que produisit la grille dans la nuit claire, provoqua la fuite de quelques animaux nocturnes. Les rongeurs se faufilèrent entre les allées dans un bruit quasiment inaudible. Les graviers du sol ne bougeaient pratiquement pas sur leur rapides passages. L'un des rongeurs s'immobilisa au milieux de sa course et releva le museau en direction de l'élément perturbateur. Il renifla fébrilement, sentit un danger potentiel et fit un bon pour se camoufler dans l'herbe.
La silhouette à la grille, balaya les lieux d'un regard lent, examinant chaque parcelle du terrain qui lui faisait face. A part lui et les rongeurs, il n'y avait aucun vie. C'était ce qu'il voulait. Il ne voulait pas être dérangé, c'était la première fois qu'il venait ici et il aurait bien voulu chercher ce qu'il voulait sans avoir à se cacher encore une fois.
Pendant trop longtemps il avait du se cacher aux yeux du Monde, pour une fois il pouvait espérer ne pas avoir à le faire. De toute manière, il n'y avait que pendant la nuit qu'il se sentait bien. Une nuit noire, sans aucune lumière, une légère brise portant l'odeur de l'herbe fraichement coupé de la journée et il était en paix. Il s'était habitué à se contenter de ce qu'il avait. Il le valait miens d'ailleurs, il avait perdu tellement de chose.
Après avoir refermé la grille, d'un pas lent il avança parmi les allées blanche, la caillasse craquant sous ses pas. Il regardait les noms gravés dans les différentes pierres de marbre. Tout ce qu'il avait c'était son nom, c'était tout se qu'il avait put avoir au cours de sa vie, son nom et une vieille photographie de famille sur laquelle elle n'était encore qu'un tout petit bébé rond. Son frère gardait jalousement les autres photos, c'était pour lui de tel objet de culte, qu'il maniait avec une extrême précaution que lui même, n'avait jamais voulu le lui retirer des mains. Au final, il ne l'avait jamais vu autre qu'a l'âge de trois mois.
Il faisait nuit depuis déjà bien longtemps et il n'étais pas fatigué par la distance qu'il avait parcouru dans la journée. Au contraire, il était en pleine forme, son esprit n'avait jamais été aussi vif et clair qu'en cet instant.
A chacun de ces pas, le bruit des graviers se perdait dans la nuit et semblait ne jamais vouloir revenir. Le vent soufflait faiblement comme une plainte du ciel en l'honneur des résidents, il passa devant un point d'eau et aperçu furtivement son propre reflet. Dans l'eau, son visage avait formé une deuxième lune blanche dans l'obscurité.
Ce reflet. La cause de toutes sa douleur. Pourquoi avait-il fallu qu'il naisse ainsi. On lui avait dit et re-dit qu'il n'était qu'une Malédiction, un monstre que le Temps seul pourrai faire disparaitre. Le temps avait été son ennemi. Il avait gravé dans sa conscience les paroles des toutes ces personnes
si bien qu'il se croyait à présent, monstre.
Le Seigneur est bon ! Il ne donne aux hommes que ce qui est bon pour lui. Il n'est qu'amour !
Comment croire en ces mots ? A cause de Dieu, il avait été malheureux et seul toute son enfance. Il n'avait pas le cœur à croire en ça, il n'avait plus la force de croire à ça. L'aurait-elle un jour ? Cette force qui lui faisait défaut ? Serait-il possible qu'un jour il puisse croire en ces mots ? Qu'il n'ai plus à craindre le Temps, à imaginer qu'un jour ou l'autre il finira par disparaitre dans un souffle aussi seul que le plus malaimé des hommes ..
Il avait besoin d'être rassuré, de ressentir la chaleur de l'Amour au fond de son cœur, de croire que si il venait à disparaitre prématurément quelqu'un serait là pour l'accueillir dans l'autre Monde. Il avait besoin de ça pour calmer sa peur, seulement il ne voyait rien d'autre que des noms et des prénoms qui lui était inconnus, gravé dans les pierres blanche.
Puis enfin il l'a trouva, après des dizaines d'allers et retour.

Il se tenait face à elle. La pierre blanche, éclairée par la lumière de la Lune, semblait briller plus que ses voisines. Sans doute était-ce du à son imagination. Il leva les yeux vers le ciel noir et le contempla en silence. L'astre lunaire illuminait les lieux par sa clarté, si bien qu'à certain endroit il était possible de voir aussi bien qu'en plein jour.
Dans la région, on disait d'elle, qu'elle était capable d'apaiser les tourments qui habitaient ceux qui l'a fixait.
Cette surface blanche, brillant dans les cieux n'avait jamais été capable de réaliser les prodiges qu'on lui promettait. Elle lui rappelait trop souvent son propre visage, aussi blanc et lisse qu'elle, aussi vide de Vie et indifférent à sa propre tristesse. Son visage ne reflétait rien d'autre qu'une indifférence glaciale et au fil des ans il pensa que l'étoile du Soir était comme lui. Le Blanc devenant synonyme de Malheur.
Cependant quand il observait la plaque devant lui, cette pierre reflétant la lumière du ciel, il comprenait pourquoi on disait de la couleur blanche qu'elle était symbole de Paix. Pour une fois depuis bien des années, il était calme et serein. Simplement en fixant le nom et prénom inscrit dans la pierre. Cette plaque était-elle la Lune apaisante dont il avait besoin ? Il semblerait, car face à elle il ne pensait à rien d'autre de déplaisant.
Son calme ne dura qu'une poignée de secondes. Lorsque son regard se posa sur les dates inscrite en dessous du nom, 1907 - 1944, il se mit à désirer un pardon de sa part, elle qui était morte en lui donnant la Vie. En plus d'être né monstre, il était né, meurtrier.
Il tomba à genoux face à elle, la vue brouillée par les larmes qui lui montaient aux yeux. Il aurait voulu hurler et pleurer toute sa peine sans avoir à se cacher des autres. Il aurait voulu pouvoir lui demander pardon de lui avoir prit sa vie. Il aurait voulu prendre sa place et lui permettre de revenir dans ce Monde pour que lui disparaisse dans l'autre. Il aurait voulu être libre de ses choix et de ses actes. Mais la Vérité était cruelle envers lui, jamais il ne pourra faire ce qu'il désire et au fond de lui, il le savait. C'est pour ça que plus pour un besoin de se faire pardonner, il pleurait face à sa propre impuissance.
Un vent faible souffla en sa direction, aussi léger et doux qu'une caresse mais son visage ne put le ressentir. Quelques feuilles des arbres environnent vinrent se déposer sur la tombe blanche déjà fleurie. Sanglotant, il les balaya doucement d'un revers de la main.
Le temps semblait s'être arrêté. Pour une fois dans sa vie, son pire ennemi lui accordait un instant de répits. Relatif au vue de ces tourments qui continuaient à le hanter face à ce nom mais au moins, il ne pensait plus qu'à cela. Le Monde extérieur et ses habitants étaient mit entre parenthèses le temps de sa contemplation rapide.
Il pouvait observer à loisir ce nom gravé dans le marbre blanc et imaginer ce qu'aurai été sa vie, si il n'avait pas commit le crime de l'assassiner dès sa naissance. Probablement qu'elle aurait été beaucoup plus belle et infiniment plus douce et joyeuse. Il aurait put ressentir la chaleur d'une caresse avec elle, voir un monde plus beau, être en paix avec soi même. Ne plus haïr son propre reflet .. Il aurait tout donné pour vivre cette vie.
Mais le Temps reprit vite son cours normal et peu à peu ses autres peur reprirent le dessus sur ce rêve impossible à réaliser.
Son impuissance revenait le frapper de plein fois et les larmes qui avaient cessé de couler, reprirent de plus belle. Ce mal-être s'intensifia avec les minutes jusqu'à ce qu'il décide de se relever et de repartir en tourner le dos à la tombe de sa Mère.



Il continua à marcher dans la forêt jusqu'au lever du jour et s'arrêta alors près d'un ruisseau. Il posa son sac et son épée à l'ombre d'un arbre et se rapprocha du bord de l'eau . Elle était claire et on pouvait y voir des poissons nager joyeusement et en toute tranquillité. Heureux, sans soucis, libre à leur façon. Il pouvait pouvait distinguer son visage sur la surface de l'eau. Ce reflet tant haïs. Il avait les cheveux d'un blanc immaculés blancs et un masque sur le visage. C'était ce masque qu'il haïssait tout particulièrement. A cause de son manque de tissu du bas du menton jusqu'en haut du front, il était obligé de le porter pour toujours. Seul l'arrière de son crâne était recouvert par l'épiderme protecteur, ce qui d'ailleurs lui permettait d'avoir des cheveux sans en souffrir.
C'est pour ne pas avoir la chaire brulée par le Soleil que les médecins scellèrent son visage avec ce masque blanc comme la mort. Jamais il ne pourra l'enlever, il était condamné à le porter jour et nuit. Le masque grandirai avec lui en épousant parfaitement les formes de son crâne.
Il regarda ces yeux dans le reflet, eux aussi n'avaient rien de normal. L'un était vrai, l'autre était faux. Le vrai était à droite et la profondeur de son regard, n'avait d'égal que la tristesse qu'il traduisait. Le faux était à gauche d'une couleur bleue électrique, il n'avait rien d'humain et on ne pouvait lire aucune forme de sentiment à travers cette fente noire en guise de pupille.
Il détourna le regard de l'eau et retourna auprès de son sac. A l'ombre, il en sortit deux couteaux d'argent qu'il posa dans l'herbe encore humidifié par la rosée matinale. Les couteaux étaient finement travaillés, un Ange aux ailes brisées était représenté sur les deux lames mais dans des positions légèrement différentes l'une de l'autre. Ces représentations étaient la preuve de l'inestimable quantité de travail qu'il avait fallu pour forger ces deux chefs d’œuvre, car les anges bien que réalisés sur des lames de poignard, n'en restaient pas moins net, précis et parfaitement reconnaissable dès le premier coup d’œil.

Il retira ces bottes, remonta son pantalon fit un ourlet rapide, après quoi il se dirigea vers le ruisseau. Il prit une grande bouffée d'air frais avant de mettre une de ces jambes dans l'eau. Elle était glacée mais la chaire de poule ne l'empêcha pas d'y plonger sa deuxième jambe. La froideur de l'eau remonta le long de ses pieds, de ses mollets, de ses cuisses et ce jusqu'au bout de chacun de ses cheveux. ses doigts tremblaient et tous ses membres étaient engourdis par cette eau glacée.
Cette sensation dura encore quelque instants jusqu'à ce que son corps se soit complétement habitué à la température. Il fit le vide dans son esprit pour ne ressentir que les éléments autour de lui. Il ne lui fallut qu'une poignée de minutes pour tout ressentir. Chaque poissons, chaque mouvement de l'eau ,chaque brise, il ressentait tout cela.
D'un geste rapide, deux éclairs argentés fondirent sur deux malheureux poissons. Le jeune homme récupéra ses couteaux avec les poissons ensanglantés et ressortit de l'eau. Il récupéra quelque branchage et fit un feu.
L'odeur du poisson grillés avait rameutés quelques animaux forestiers et après ce frugal repas, il s'accorda un somme au pied d'un arbre.
Réveillé par les rayons du Soleil qui filtraient à travers les feuilles de son abri, il s'assit quelque instant levant les yeux au ciel. Il était presque à son zénith, il devait être midi. Il fourra ses affaires à l'intérieur de son sac, remit ses bottes, son pantalon et reprit sa route s'enfonçant de nouveau dans la forêt."

Merci pour la lecture ^.^

-- Mer Sep 07, 2011 10:13 pm --

Chapitre II ~ Rea-Ness

"Voila trois jours qu'il avait quitté le cimetière, où sa mère avait été enterrée et durant tout ce temps il n'avait cessé de marcher sans ressentir la moindre fatigue, en tout il avait quitté Tolgrad, sa ville natale, depuis 5 jours maintenant. Son départ de la cité des montagnes, comme elle était surnommée dans le Monde, ne l'avait pas chagriné. Il était simplement partis sans même se retourner. Les habitants de Tolgrad et leur traitement ne le manquerai jamais, d'ailleurs comment pourrait-il regretter pareil vie. Toute son enfance avait été entaché par des insultes, des moqueries, sa vie entière n'avait été bercé que par une Solitude douloureuse et glaciale. Il était devenu le parfait exemple de ce que la cruauté humaine pouvait faire à son prochain, il se croyait Monstre puisque toute la population le décrivait ainsi. A cause des critiques, des insultes, des surnoms disgracieux et aux punitions publique, il avait fini par croire leurs paroles, se pensant inférieur au plus pourris des hommes.
Cependant avec le temps et la maturité, il n'a plus crus en ces mots. Il avait compris qu'on ne naissait pas monstre mais qu'on le devenait avec le temps. C'était les actes qui nous transformait en ces créatures, et lui qui n'avait jamais rien fait que subir toutes sorte de sarcasmes tout le long de sa vie, ne pouvait pas être jugé comme tel. Les Monstres étaient ceux qui l'insultait jour après jour. Grâce à cette vérité, ancrée profondément dans son cœur et dans son esprit, il avait pu se relever et espérer avoir un jour, une vie meilleure.
Cependant, les habitudes ayant la vie dure, il continuait toujours de craindre les autres et leur regards. C'est pourquoi il avait prit soin d'éviter le contact aussi bien visuel que physique avec les autres voyageurs qu'il croisait sur sa route, camouflant son visage dans une large capuche sombre quand il ne pouvait pas faire autrement. Ces précautions d'usage avaient considérablement ralenti sa progression mais n'étant pas d'un naturel fatigué, il pouvait rattraper son retard cumulé en continuant sa route la nuit. Ce qui n'était pas quelque chose de difficile puisque la forêt qu'il traversait n'était pas très épaisse et que les arbres étaient suffisamment espacés les uns des autres.

La foret de Talbor était l'une des plus grandes foret du monde, elle commençait au sud de Tolgrad pour continuer jusqu'au sud de Renoga, qui n'était autre que sa destination. Talbor traversait donc, deux grands pays du continent, le pays de Tranis et celui de Ranoga.
Renoga avait été construite en haut d'un arbre ce qui était pour le moins étonnant mais le plus remarquable avec cette cité, c'est qu'il était difficile de la voir. Elle serait invisible aux yeux de ceux qui ne l'avait jamais vu au moins une fois dans leur vie d'où son surnom "d'apparence de l'inconnu". Il se demanda comment les marchand faisaient pour pouvoir pénétrer dans une ville invisible et ne fit pas attention à un panneau enfoncé dans le sol qui indiquait qu'il était toujours dans la bonne direction.
Il leva machinalement les yeux en l'air et observa un Soleil camouflé par les feuilles des arbres environnants et des nuages qui squattaient le vaste ciel. Normalement il ne devrai pas tarder à avoir la ville en vue ... enfin c'était une façons de parler.

Il continuait sa route lorsqu'il fut percuté par derrière. Le souffle coupé il se retourna aussitôt tenant fermement son fourreau et sa lanière de cuire.
Un gamin aux cheveux rouges se releva difficilement, visiblement sonné par le choc. Il se tenait la tête et tanguait dangereusement sur le sol qui était pourtant aussi stable que d'habitude.
_'scusez ! Dit-il absent.
Lui ne répondit pas et après avoir reprit ses esprits le garnement releva les yeux. Étant plus petit que lui, il put distinguer sans mal son masque blanc de plus sa capuche avait glissée en arrière quand il s'était retourné voir qui l'avait percuté.
Un sourire se dessina sur les lèvres de son observateur puis reprit d'une voix amusé :
_C'est pas tout les jours qu'on peut croiser un clown sur les routes de Talbor ! Hahah bon j'vais devoir te laisser j'ai des trucs à faire moi, ciao !
Sur ces mots, il partit à toute jambe en direction de Renoga.
Envahit par une rage sans nom, il se mit à poursuivre ce rougeoyant éclair qui courait avec l'agilité d'un habitué aux courses sur terrain accidenté. Il allait vite pour sa taille et son âge relativement jeune, peut-être était il entrainé à ce type d’exercice. Une chose était néanmoins sûr, il savait pertinemment où placer ses pieds pour éviter les nombreuses racines soulevant la terre. Mais cela ne suffirai pas à le semer, en quelques enjambé il le rattrapa et, empoignant la poignée de cuire de son fourreau avec la main gauche, il l'a fit basculer d'un mouvement de ses doigts, vers les jambes du malheureux qui retomba au sol. Il récupéra le fourreau dans la main et frappa le haut de la tête du garçon d'un revers avant de dégaina la lame argenté avec sa main droite. Son épée siffla dans l'air et se dirigeait dans un geste ample vers le corps de celui qui l'avait insulté. Au moment où la lame aurait dut toucher la chaire du jeune homme, elle fut stopper dans sa course par la main d'une troisième personne apparut tout aussi subitement que le garçon il y avait une dizaine de minutes.
_Ne nous énervons pas. Commença tranquillement le nouvel arrivant. Je suis conscient que mon frère est un imbécile et je suis navré de ce qu'il a put vous dire mais ce n'est pas une raison pour le tuer maintenant.
_Si c'est pour dire des choses pareil c'était pas la peine de venir ! Ironisa le gamin qui massait à présent le haut de son crâne.
D'un geste brusque, il dégagea son épée de la main du troisième et aperçut l'instant suivant, des flammes vert émeraude disparaitre sous ses yeux.

Il jugea les deux personnes qui lui faisait plus ou moins face, en les regardant de haut en bas d'un faible mouvement des yeux.
Le garçon au sol avait des cheveux d'un rouge flamboyant plutôt mal coiffés et un bandana rouge brique sur le front. Ses yeux étaient bruns et il était facile de déceler dans son regard une forme d'arrogance amusée derrière sa malice pétillante. Au vue de ses yeux, ce devait être un sale gosse. Il portait un T-shirt large de couleur violette et un panta-court noir. Quand au deuxième il semblait un peu plus vieux que le premier, le contour de ses yeux très légèrement ridé allait en tout cas, dans ce sens. Son regard endormis était inexpressif ce qui tranchait assez avec la paire de lunette qu'il avait sur le bout du nez. Ces cheveux étaient aussi en bataille mais pas autant que ceux de son frère et ils étaient un peu plus foncés. Il était habillé d'une chemise simple à manche courte et d'un pantalon.
Ces deux là semblaient avoir des personnalités diamétralement opposée.
_Excuse le dérangement. Demanda le plus grand. Excuse toi, toi aussi ! Dit-il à l'adresse de son frère.
Toujours assis, il fouilla dans l'une des poches arrière de son panta-court
_Tu veux des pistaches ?
_Qu'est-ce que tu fous avec des pistaches dans ta poche ? Interrogea son frère
_Bah c'est bon et c'est beaucoup moins gros et coulant qu'un rôti de porc ...
Le plus grand soupira longuement.
_Permets moi de nous présenter, je m'appelle Gin Gorgane et voici mon stupide frère, Lloyd.
_Pourquoi tu lui donnes nos noms ?
_Et bien puisqu'il a l'air d'être en chemin pour Renoga je me disais qu'on pourrait faire un p'tit bout de chemin ensemble.
_Et le fait qu'il ai voulu faire des troues dans mon corps, tout ça, on oublie ?
_Tu l'avais sans aucun doute cherché et puis qui n'a pas envi de faire des trous dans ton corps ?
_C'est dis si spontanément, j'en pleurerai ...
Lloyd décortiqua une pistache et l'avala aussitôt, grognon.
_Et c'est quoi ton nom à toi ?
Il ne lui répondit pas et rangea son épée dans son fourreau. Il avait assez perdu de temps pour la journée et pas question de faire "un bout de chemin avec eux". Il préféra remettre sa capuche sur sa tête et repartir de plus belle vers Renoga, sans adresser la moindre parole aux deux frères.

Une fois en route, il se remémora sa rencontre avec les deux et une chose l'intrigua : comment Gin avait-t-il put stopper son épée à mains nue alors que c'était quelques chose de totalement impossible humainement parlant ? Ce n'était pas qu'il avait une force surhumaine, c'est juste qu'un coup d'épée suffisamment fort et précis ne pouvait pas être stopper et encore moins à main nues. Il y avait quelques chose d'étrange dans sa main, c'est pourquoi il focalisa sa mémoire sur cette dernière et se souvint de la flamme vert émeraude qui l'embrasait.
Il y avait longtemps qu'il n'avait pas revu ce phénomène, la dernière fois cependant la fumée était violette et non pas vert émeraude.

Après deux heures de marche environ, il sortit de la forêt et se retrouva dans une clairière immense à l'herbes assez haute pour couvrir le bas des jambes. Là où il était, il était en hauteur car la clairière n'était pas plate de part en part, elle était inclinée et tout autour d'elle il y avait des arbres assombris à cause du manque de luminosité. Le Soleil commençait à se coucher, rendant le ciel et les nuages rougeâtre, le vent qui c'était invité au dernier moment rendait le spectacle du crépuscule encore plus beau. Au milieu, là ou la creux de la clairière était le plus bas, se dressait un frêle petit arbre mort, au tronc, apparemment, sec et aux branches sans feuilles.
_Bienvenue à Renoga. Déclara une voix tranquille, derrière lui.
Il se tourna et reconnut immédiatement les deux frères. Gin s'avança d'un pas trainant, les mains dans les poches le dépassa et lui fit signe de le rejoindre. Celui-ci plutôt interloqué par cette nouvelle rencontre resta sur ces gardes.
_Tu ne peux sans doute pas la voir et pourtant la ville et belle est bien devant toi. Rea-Ness, car c'est ainsi que l'arbre de Renoga à été nommé, ne se laisse pas voir par ceux qu'il ne juge pas apte à ça.
_T'en a pas marre avec ce charabia d'illuminé ? Critiqua Lloyd
_Par exemple si mon stupide frère n'avait pas vu le jour entre ses branches, il n'aurait jamais été capable de voir Rea-Ness.
_C'est ça dis que j'suis un incapable aussi, j'te dirais rien ...
_Pour faire simple afin de le voir, Déclara Gin en ignorant royalement les dires de son frère, il te suffit de le ressentir au fond de toi.
Il devait seulement ressentir sa présence ? C'était plutôt un exercice simple, il l'avait fait souvent, dernièrement c'était dans le ruisseau de Talbor. Il fit un pas en avant et Gin rajouta :
_J'ai oublié de dire qu'il fallait que tu fasse cela d'ici.
Il se tourna vers lui et regarda l'endroit qu'il indiquait. Son doigt pointait le sol juste à côte de lui, il se tourna vers l'arbre mort et mesura approximativement la distance qui les séparait l'un de l'autre. Celle ci devait être de 300 ou 400 mètres.
Jamais il n'avait été capable de ressentir une présence au delà d'une dizaine de mètres. L’exercice promettait d'être beaucoup plus dur que prévu.

Tout d'abord il se devait de faire le vide dans son esprit, réussir cet exercice nécessiterai calme et concentration et avoir des choses bourdonnant dans sa tête n'était pas la meilleure façon de réussir. Cependant, ressentir une présence à plus de 300 mètres était quelque chose qu'il n'avait jamais fait auparavant. A chacun de ces exercices les objets ou les animaux n'étaient placés qu'a un ou deux mètres à côté de lui, là il s'agissait de 300 mètres c'était carrément un autre Monde.
Il se tourna vers Gin mais celui-ci était déjà en train de dormir allonger dans les hautes herbes. Quand à Lloyd il grignotait ses pistaches en fixant les nuages. Il se résigna et tenta de chercher la solution par ses propres moyens. Après tout il avait dut apprendre de nombreuse chose en autodidacte, pourquoi cette fois là, cela serait diffèrent ? Il se concentra de toute ses forces sur cet arbre commençant à ressentir le mouvement de l'herbe environnant puis brins d'herbes par brins d'herbes, il s’efforça de ressentir chaque mouvement de la flore. Le vent lui fouettait le visage transportant les ronflements de Gin loin vers la forêt. C'est après une bonne demie-heure qu'il put ressentir l'écorce de l'arbre, sa texture, sa forme ,son parfum ... Il avait gardé les yeux clos pendant cet exercice mais maintenant qu'il avait réussit, il ouvrit doucement les paupières.
Le vieille arbre était toujours là, vacillant un peu sous la force du vent qui s'était intensifié depuis le début de l'éprouvant exercice mental. Peut être n'était-ce pas assez ce qu'il avait fait jusqu'à ce moment ? Il fit de nouveau le vide dans son esprit pour pouvoir ressentir chaque mouvement de chaque brindille d'herbe, de chaque feuilles volante porté par la brise de plus en plus forte et décida d'intégrer la faune à son travail de perception.
Le nuit était tombé et les températures avec, mais cela ne le perturbait pas, il était habitué au froid de puis tout petit. Tolgrad n'était pas réputée pour sa chaleur tropicale.Gin ronflait à présent presque aussi fort que le bruit du vent et Lloyd fixait les nuages au loin en marmonnant. Les nuages avaient changé, ils étaient passés de l'innocent petit nuage blanc aux gros nuages noirs et menaçant. Il fallait faire vite car l'air c'était humidifier et chaque instant passé augmentait le risque d'orage mais vouloir aller trop vite était un risque aussi. Il lui fallait faire énormément d'efforts pour cela.

L'arbre, il n'avait plus que lui en tête et rien d'autre. Et cependant à chaque fois qu'il ouvrait les yeux il était toujours là,vacillant sous la force du vent mais toujours là. Que fallait-il faire pour voir ce maudit végétal ? Lui qui n'avait jamais voulu être entouré de personnes il le désirait ardemment. Il voulait voir Renoga, ses habitants et ses habitations, il en avait tout simplement besoin ... Et soudain il comprit, Ce n'était pas l'arbre qu'il se devait de ressentir mais bien ceux qui l'habitait, il devait ressentir [i]"l'apparence de l'inconnu"[:i].
La pluie s'était mise à tomber quand il recommença son exercice avec cette nouvelle trouvaille !
Doucement, il commença à ressentir quelques unes des personnes qu'il souhaitait désormais voir, d'abord une puis une vingtaine, une cinquantaine, une centaine, un millier ... Et à chaque nouvelles personnes qui s'ajoutait, il savait qu'il avait réussi. Et quand enfin il ouvrit les paupières le minuscule arbre mort c'était transformé en un gigantesque et majestueux arbre dont il suffisait qu'il tende le bras pour enfin pouvoir toucher l'écorce de son tronc. Voila pourquoi Gin lui avait dit qu'il devait faire cela d'ici, un pas de plus et il aurait été englouti par le bois.
-On dirait que tu as réussi. Déclara une voix encore endormie.
Il fit oui de la tête.
-Merci ... souffla-il enfin."
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